30 mai 2017 : petit-déjeuner du Club de l’Audace avec Jean-Pierre FARANDOU, Président de KEOLIS

La période est à l’audace dans le monde de l’entreprise : notre nouveau président de la République est le symbole de cette audace.
Mais KEOLIS est-il un groupe audacieux ? Jean-Pierre FARANDOU nous rappelle que l’audace pour une entreprise consiste à chercher en permanence à sortir de sa zone de confort pour aller de l’avant. A travers cinq exemples concrets, il a su nous détailler avec passion l’audace dont le groupe KEOLIS fait preuve depuis plusieurs années.

La première audace de KEOLIS : s’être projeté à l’international il y a déjà 10 ans, ce qui lui a permis de multiplier par cinq la part du chiffre d’affaires réalisé hors de France entre 2006 et 2016. Le président n’hésite pas à prendre pour exemple le marché conclu avec la Chine concernant le métro de Shanghai. KEOLIS a réussi à nouer un partenariat pour l’exploitation d’une ligne automatique. L’audace du groupe réside d’abord dans le fait que la Chine n’était pas une conquête facile, dès lors qu’un groupe étranger ne peut y être majoritaire. S’ajoute à cette difficulté première l’évidente barrière de la langue, ainsi que l’immensité du territoire chinois qui représente en tant que tel un défi majeur. De plus, la Chine est un pays d’investissements : pour réussir à développer son chiffre d’affaires dans le pays, une entreprise doit être prête à y investir massivement ; ce qui n’est pas la stratégie de KEOLIS. Sans jamais s’assoir sur des positions acquises, après s’être implanté en Inde, le groupe a aujourd’hui l’audace de s’aventurer au Moyen-Orient en répondant à des appels d’offre à Doha et à Riyad.

La deuxième audace de KEOLIS : le groupe, déjà leader du transport urbain en France, devient le partenaire de référence des grandes métropoles. KEOLIS s’oriente de plus en plus vers des services digitaux pour renforcer ce positionnement : des applications digitales qui permettent d’accompagner l’usager dans son parcours, avec notamment le calcul d’itinéraires à l’aide d’algorithmes particulièrement innovants ; mais aussi l’achat du ticket de transport dématérialisé et que l’on peut valider  sur smartphone. L’audace réside enfin dans le choix que fait le groupe en matière de partenaires lorsqu’il sort de son cœur de métier pour se positionner sur des technologies d’avenir.

La troisième audace de KEOLIS : avoir su dépasser une conception de la voiture, souvent vue comme l’ennemie des transports en commun. Lorsqu’elle est partagée, la voiture peut devenir une bonne solution de transport collectif. Fort de ce constat, le groupe a pris le contrôle de LE CAB, une société de VTC. Et aujourd’hui, KEOLIS et LE CAB proposent « Plus », un service de courses partagées dans Paris, à 5 euros.

La quatrième audace de KEOLIS : le lancement de navettes autonomes dans un groupe qui comporte 35 000 chauffeurs. Le groupe a pris une participation dans une entreprise qui produit des véhicules autonomes sans conducteur. Pour accompagner cette innovation, KEOLIS invente de nouveaux métiers liés non plus à la conduite mais à l’accueil et à la gestion des usagers. Le transport autonome est un secteur sur lequel KEOLIS ne peut pas ne pas se développer, sachant que les constructeurs automobiles y investissent actuellement des sommes considérables. BMW promet par exemple des voitures autonomes à l’horizon 2021.

La cinquième audace de KEOLIS : être un acteur de la transition énergétique. Ce thème fut quasiment absent du débat présidentiel, mais les conséquences de la pollution aux particules fines, notamment dans l’agglomération parisienne, constituent un enjeu de santé public majeur. KEOLIS se tourne aujourd’hui vers des énergies nouvelles comme le biogaz obtenu grâce aux déchets des villes, et pas uniquement vers l’énergie électrique.
Enfin, Jean-Pierre FARANDOU termine sur deux initiatives audacieuses qu’il a souhaitées mettre en place au niveau de l’organisation du groupe KEOLIS.
Tout d’abord, il rappelle que le modèle de KEOLIS est historiquement un modèle B2B, avec les collectivités locales comme clients. Le groupe fait preuve d’audace en allant également vers un modèle B2C, c’est-à-dire en s’intéressant au client final, le passager. Dans ce domaine, KEOLIS se sait meilleur que ses concurrents notamment grâce à de nombreuses enquêtes qu’il a pu mettre en place pour mieux appréhender les attentes des voyageurs. Son partenariat avec NETEXPO lui a permis d’identifier de manière très fine les nouveaux usages et attentes en matière d’applications liées au transport, et d’avoir ainsi une bonne compréhension des tendances en matière de mobilité digitale. Pour KEOLIS, cette connaissance est la clé pour anticiper la mobilité de demain.

Enfin, Jean-Pierre FARANDOU évoque son projet d’entreprise KEOLIFE. Pour lui, rien ne peut être fait sans la mobilisation de tous les collaborateurs de l’entreprise : il donne l’exemple des conducteurs de cars scolaires qui représentent le groupe tous les jours auprès des familles. L’audace de KEOLIFE a été d’amener en interne la notion de projet d’entreprise qui rassemble les 58 300 collaborateurs d’un groupe présent dans 16 pays. Ainsi, le président voulait créer une marque rassemblée. Lancer KEOLIFE a permis de parler à tous les salariés, d’adopter des pratiques communes dans les 300 filiales du groupe, de partager des projets et des bonnes pratiques via une plateforme accessible à tous. Ce n’est pas une opération de communication, mais bien une démarche qui anime aujourd’hui toute l’entreprise et qui permet de faire évoluer la culture corporate.

Pour conclure, Jean-Pierre FARANDOU insiste sur deux points :

  • L’importance de la mobilité, notamment dans les grandes villes. La mobilité est universelle et elle est clé parce que sans elle la ville se fige. La mobilité collective est une des solutions pour la garantir. Le Grand Paris est une bonne réponse à cette problématique ; sans compter que le cœur des grandes villes seront bientôt des zones sans voitures (on le voit déjà avec Singapour) arpentées par des robots taxis.
  • L’avenir de KEOLIS. Face à la concurrence dans le secteur des transports qui s’exerce au plan mondial, le président est lucide. La « menace » des GAFA est de plus en plus présente, notamment pour récupérer les datas des transports en commun puisque c’est l’activité qui en produit le plus. Pour autant, il est convaincu que des entreprises comme KEOLIS ont les moyens de faire face à ce défi, notamment en Europe, avec l’appui du secteur public qui représente un atout majeur. Dès lors que c’est leur métier premier, les groupes de ce secteur garderont à n’en pas douter un avantage sur les GAFA.

A propos de Jean-Pierre FARANDOU :

Jean-Pierre FARANDOU est diplômé des Mines de Paris.
Il a démarré sa carrière en travaillant pour la compagnie minière américaine AMAX à Denver, avant de rentrer à la SNCF en 1981.
Après avoir occupé différents postes de responsable production et marketing, il a été nommé chef de projet pour le lancement du TGV Paris-Lille en 1993. Il a ensuite créé à Bruxelles la structure juridique de Thalys International dont il a assuré la direction générale de 1993 à 1998.
Puis il a été successivement Directeur des Cadres RH de 1998 à 2000 et Directeur adjoint Grandes Lignes de 2000 à 2002.
Il a ensuite dirigé, jusqu’en 2005, la région SNCF Rhône Alpes, avant de prendre le poste de Directeur général de KEOLIS Lyon l’opérateur des bus, métros et tramways lyonnais.
En 2006 Il est nommé Directeur de la Branche SNCF Proximités. En 2012 il devient Directeur général délégué de l’EPIC SNCF. C’est en août 2012 qu’il prend le poste de Président du Groupe KEOLIS.
Jean-Pierre FARANDOU est également Président de l’Union des transports publics et ferroviaires dont l’objet est de promouvoir le transport public et le développement d’une mobilité durable.

En savoir plus à propos de KEOLIS.
Téléchargez l’article paru dans le Journal Spécial des Sociétés n°48 du 17 juin 2017, page 13.



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