L’Aventure, vecteur d’entrepreneuriat

 

L’amour des défis.
Je m’appelle Benjamin FERRE, j’ai 27 ans. J’ai découvert l’Aventure à 20 ans en participant avec mon pote Alex au 4L Trophy en 2010. 2 ans plus tard, je suis parti réaliser un tour du monde en STOP et en solitaire à la rencontre d’expat français afin de réaliser un documentaire de 90 minutes sur cette aventure.
J’ai parcouru 40.000 kilomètres, en voiture, en bateau, en camion et parfois en side-cars. J’ai traversé 3 continents et 21 pays … grâce à la stupéfiante bienveillance de plus de 200 conducteurs.
En 2015, je suis parti traverser l’Atlantique, sans GPS, au sextant et en autonomie énergétique, avec 2 amis, afin de promouvoir la transition énergétique et sensibiliser la future génération à la préservation de l’environnement maritime. Partis de Saint-Malo, en Bretagne, nous pensions mettre 20 à 30 jours pour traverser… Il nous aura fallu 3 mois et demi pour arriver de l’autre côté, en Martinique 😉
En 2017, j’ai lancé IMAGO, le premier Incubateur d’Aventures en France (anciennement CAP A L’OUEST), qui a pour vocation de faire passer à l’action les jeunes talents français qui souhaitent adresser un problème sociétal ou environnemental, via un projet d’aventure. Le premier projet accompagné par IMAGO est le projet AnKouraje (qui signifie bon vent en Haïtien), porté par 3 jeunes matelots inexpérimentés partis braver les océans pour apporter, grâce à leurs filtres bio-sable, l’accès à l’eau potable à des familles en Haïti.
L’Aventure intra ou entrepreneuriale.
Un Incubateur d’Aventures, c’est un écosystème qui aide des aventuriers endormis à révéler leur potentiel pour accomplir leur rêve d’aventures sportives, écologiques ou solidaires.
Avant de se jeter dans le grand bain et oser réaliser ses projets les plus fous, il suffit parfois d’une simple expérience déclic. Être bien accompagné lors de cette étape permet de mieux appréhender les enjeux à venir.
Réaliser un projet d’aventure qui a du sens, qui porte des valeurs, qui traite d’un problème social ou environnemental, c’est aussi prendre conscience de sa capacité à changer le monde à son échelle.
A l’origine de cet incubateur d’un nouveau genre, l’intime conviction que les aventuriers d’aujourd’hui en quête de sens, seront les entrepreneurs ou intrapreneurs de demain.
Les entreprises ont de plus en plus besoin aujourd’hui de donner du sens à leurs activités car elles sont confrontées à une nouvelle génération émergente qui a besoin de savoir pourquoi elle se lève tous les matins. Cette problématique se retrouve de la même façon sur des projets d’aventures lorsque les parties prenantes doivent comprendre quel est le but recherché derrière l’aventure. Le fameux WHY explicité brillamment par Simon Sinek dans son TED X désormais légendaire qui rassemble déjà plus de 37 millions de vues.


Au pied de l’Everest.
Afin de promouvoir les valeurs et la vision de cette initiative, je me suis lancé un nouveau défi fou : participer à la mini transat 2019, une course au large en solitaire sur un petit bateau de 6,50 mètres.
J’ai l’impression d’être au pied de l’Everest quand je vois tout ce qu’il y a à apprendre pour naviguer en solitaire mais c’est tellement stimulant de ne jamais cesser d’apprendre, de rencontrer de nouvelles personnes, un nouvel univers …
Regarder le haut du sommet, c’est se décourager. Décomposer les étapes, c’est arriver en haut du sommet sans s’en rendre compte. La destination n’est pas une finalité en soit, ce qui compte, c’est ce qu’on aura vécu le long du chemin. Lorsque j’imagine aujourd’hui traverser l’Atlantique tout seul sur un petit bateau de course de 6,50 mètres, j’ai envie de retourner m’allonger sur mon canapé car l’objectif me tétanise tant il me parait inatteignable. En revanche, partir naviguer dans la baie de Lorient, seul par beau temps une après-midi me semble réalisable. Puis par mauvais temps, puis pendant 24 h, puis en course … Et sans m’en rendre compte, je vais peut-être me retrouver sur la ligne de départ de la Mini-Transat dans 2 ans, qui sait ?
Ce genre de défi sportif et humain se rapproche beaucoup de l’univers de l’entreprise. Comme lors de la création d’une entreprise, on définit un cap, une vision, un objectif et on met ensuite toute son énergie à la réalisation de cette vision. Et comme dans une entreprise, il est impossible d’accomplir ce genre de projet, seul. En effet, la course au large en solitaire n’a rien à voir avec la solitude. Il y a une multitude de talents et de profils variés qui travaillent à la réalisation du projet. Le skipper a ce rôle de chef d’orchestre et d’animateur, au même titre qu’un chef d’entreprise a la nécessité d’embarquer avec lui des hommes et des femmes qui croient en ce qu’ils font.
Un autre challenge lié à l’entrepreneuriat se glisse dans ces défis sportifs, plus personnel celui-ci : c’est la gestion. La gestion du temps, du stress, des difficultés. A chaque jour suffit sa peine disait l’adage. Pour naviguer en solitaire, il ne suffit pas seulement de savoir NA-VI-GUER, il faut être parfaitement maitre de ses capacités et de son environnement. Bien naviguer, c’est savoir anticiper. Anticiper son sommeil, la météo, les décisions de ses concurrents sur l’eau, rester lucide lorsque la situation devient oppressante. Un bon entrepreneur, c’est probablement quelqu’un qui a une bonne capacité d’anticipation.
On ne choisit pas toujours tout dans la vie mais on choisit toujours la façon dont on vit les choses.
Un autre obstacle s’est glissé sur ma route : le 21 février, j’ai dû me faire opérer d’une double hernie discale. 3 semaines d’alitement, et je commence tout juste la rééducation.
Le 1er avril (ce n’est pas un poisson d’avril), j’ai dû prendre la décision de DÉCLARER FORFAIT, pour la première course de la saison …
Pile-Poil, mon bateau, s’était mis en mode course mais 40 jours après mon opération, mon dos n’était pas encore prêt à affronter ce type de sollicitation. C’est tellement frustrant, rageant même d’observer impuissant tous les petits copains naviguer, s’entraîner, progresser !
Mais il ne faut pas que je me trompe d’objectif. Le mien est avant tout de retrouver une santé physique à toute épreuve, car sans cela, c’est tout le projet Mini-Transat que je mets en péril et le chemin est encore long … ?Ce n’est jamais facile de prononcer le mot : « J’ABANDONNE ». Je vais en faire une force et ne rien lâcher ! Pile-Poil fait un peu la tronche mais je lui ai promis qu’on re-hissera les voiles très vite … La course suivante est dans 3 semaines, en solo … 21 jours entre les mains des kinésithérapeutes/ré-éducateurs du centre de Kerpape, pour être prêt !
C’est aussi cela la course au large : prendre des décisions difficiles à court terme pour s’assurer une vision long terme.
« Chaque jour, faites quelque chose qui vous rend heureux. Chaque jour, faites quelque chose qui vous ressemble profondément et vous rend fier. Rêvez, osez, échouez, recommencez, réessayez encore car tout paraît impossible jusqu’au moment où cela devient possible ! Acceptez de vous mettre en déséquilibre pour partir explorer des territoires physiques, intellectuels, professionnels ou sociaux que vous ne connaissez pas. Lancez-vous, croyez en votre bonne étoile, prenez conscience de votre potentiel car c’est avec une énergie extra-ordinaire que des gens ordinaires réalisent de grandes choses ! ».
Benjamin FERRE, co-fondateur d’IMAGO

Cet article vous a plu : partagez-le !

Soyez audacieux, exprimez votre point de vue !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et réaliser des statistiques de visites.

Vous n'êtes pas encore fan du

sur Facebook

abonnez-vous à notre page et suivez notre actualité