Affaires publiques

LE CONSEIL EN AFFAIRES PUBLIQUES

 

Le conseil en affaires publiques c’est …

… une démarche de communication tendant à exercer une influence, directe ou indirecte, pour obtenir, infléchir ou s’opposer à une décision, une norme, une tendance, un courant de pensée, dans le respect d’une éthique, d’une déontologie, d’une légitimité de moyens.

… une attitude, celle de ceux qui n’acceptent pas de voir les décisions publiques se prendre sans qu’ils y soient associés.

… un métier. Il ne se résume pas à la connaissance des mécanismes de décision, à l’entretien d’un carnet d’adresses ou à l’intuition. Il suppose une méthode et une stratégie. Il englobe à la fois des mécanismes de représentation, d’information et d’influence.

 

 

L’EMERGENCE DU CONSEIL EN AFFAIRES PUBLIQUES

 

L’apparition de la première génération de conseils en affaires publiques en France est liée à la construction européenne, qui s’est accélérée avec la signature de l’Acte unique en 1986.

La prise de conscience du développement de l’activité de conseil en affaires publiques a conduit au début des années 2000 à la création de nombreuses formations de conseil en affaires publiques au sein de nos établissements d’enseignement supérieur.

 

Une activité professionnelle récente, peu connue et souvent mal comprise.

Une discipline encore peu théorisée.

 

 

L’INFLUENCE DE L’HISTOIRE SUR LE CONSEIL EN AFFAIRES PUBLIQUES

 

En France, le conseil en affaires publiques garde une connotation péjorative désignant des groupes dits de pression. La pression servirait à ces groupes pour atteindre leurs propres intérêts, en utilisant l’intérêt général uniquement comme un prétexte.

La défense d’intérêts autre que l’intérêt général a toujours été regardée avec méfiance en France

  • La loi Le Chapelier des 14 et 17 juin 1791 avait pour objet de libérer les individus de l’emprise des corporations qui avaient été puissantes sous l’ancien régime. Elle a eu pour conséquence l’interdiction de constitution de groupes d’intérêt.
  • Il a fallu attendre 1884 et la loi sur la liberté syndicale du 21 mars puis celle sur les associations de 1901 pour voir renaître l’expression officielle de groupement.

L’histoire aura donc eu en France une influence majeure sur l’émergence et le développement du conseil en affaires publiques

  • Cela reste une activité discrète, obscure, de relations.
  • L’activité de conseil en affaires publiques reste encore souvent apparentée à tort à la corruption et au trafic d’influence.

 

Pour autant le paysage du conseil en affaires publiques évoluant à grande vitesse, la question de la légitimité est passée au second plan alors que la question de son efficacité est devenue primordiale.

 

 

UN METIER QUI A PROGRESSIVEMENT ACQUIS SA LEGITIMITE …

 

Multiplication des consultants en affaires publiques, des directeurs des relations institutionnelles dans les entreprises ou les collectivités territoriales : autant de signes encourageants sur la maturité du marché des affaires publiques en France.

Les pouvoirs publics reconnaissent en ces spécialistes des interlocuteurs à part entière.

  • Le Parlement les auditionne.
  • Les médias les consultent.
  • Les acteurs de la société civile travaillent avec eux.

Dans le même temps, la profession s’est structurée au sein de l’Association Française des Conseils en lobbying et Affaires Publiques (AFCL) et s’est dotée d’une charte déontologique qui définit un cadre précis et des règles strictes.

 

 

… ET QUI FINIT AUJOURD’HUI PAR ETRE UNANIMEMENT RECONNU ET PRATIQUE

 

Trois faits se conjurent pour expliquer cette évolution.

  • La prise de décision est devenue multilatérale avec des acteurs plus nombreux et qui interviennent à différents échelons. Il faut être capable de mobiliser l’ensemble de ces acteurs.
  • La complexité croissante des sujets, la profusion d’informations et l’élévation du niveau de connaissance de l’opinion rendent nécessaire une approche pédagogique des sujets traités.
  • La rapidité des procédures et la pression médiatique accentuent la contrainte temps dans la prise de décision.

 

Ces raisons s’additionnent pour renforcer le besoin en interprètes, en passeurs d’idées entre les mondes politique et économique.

 

 

DEUX GENERATIONS DE CONSEILS EN AFFAIRES PUBLIQUES …

 

La génération « traditionnelle » de conseils en affaires publiques (1980-2000).

  • Représentants d’entreprises, de syndicats ou d’associations.
  • Présence au sein des institutions afin de contrôler les processus de décision.
  • Absence de formation spécifique en affaires publiques et en communication d’entreprise.
  • Qualités personnelles certaines et réseau de « collègues amis ».

La génération « nouvelle » de conseils en affaires publiques (2000-…).

  • Etudiants rôdés aux sciences politiques, qui disposent d’une formation spécifique en lobbying.
  • Facultés d’analyse et de synthèse.
  • Nécessité de se constituer un carnet d’adresses.

Nous assistons aujourd’hui à la confrontation de deux générations de conseils en affaires publiques.

  • Tout les oppose …

… même s’il existe des complémentarités évidentes.

 

 

… QUI EXERCENT UN METIER EN PROFONDE EVOLUTION

 

Ce qui compte n’est plus uniquement …

  • L’accès à l’information (Internet est passé par là).
  • L’accès à une personne (la décision est désormais plurielle).

… mais c’est d’abord

  • La capacité d’analyse du marché des idées.
  • La détermination des paramètres de négociation et les alliances possibles.
  • La construction d’un argumentaire pour faire valoir sa position auprès des décideurs, la capacité à mettre des intérêts particuliers en résonance avec l’intérêt général au moyen de l’élaboration de compromis.

 

 

LE CONSEIL EN AFFAIRES PUBLIQUES : UN METIER QUI SE DEMOCRATISE AVEC L’ESSOR D’INTERNET

 

Alors que le conseil en affaires publiques était traditionnellement réservé aux puissantes organisations compte tenu du coût des actions mises en œuvre, le cyber lobbying est accessible à n’importe quelle personne morale ou privée, sans condition de ressources.

Alors que par le passé, les campagnes visaient essentiellement des décideurs publics au niveau national ou européen, on assiste à la multiplication de campagnes de cyber lobbying organisées par de petits groupes ou par des personnes individuelles à un niveau régional ou purement local : fermeture d’usine, passage d’une ligne TGV sur une commune, implantation d’antennes relais, …

Internet est devenu un support d’influence incontournable.

 

 

L’IMAGE DU CONSEIL EN AFFAIRES PUBLIQUES : DES DIFFERENCES IMPORTANTES D’UN PAYS A L’AUTRE

 

En France, le conseil en affaires publiques suscite encore aujourd’hui une certaine méfiance ; ce qui n’empêche pas pour autant les consultants en affaires publiques d’être actifs.

Au plan européen, le conseil en affaires publiques bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle. Fonctionnant sur la base du compromis et de la négociation, les institutions européennes ont consacré le conseil en affaires publiques comme partie intégrante du système décisionnel européen. A Bruxelles et à Strasbourg, les consultants en affaires publiques sont inscrits sur un registre public et bénéficient d’un laissez-passer qui leur donne le droit de circuler dans l’enceinte du Parlement. En contrepartie, ils s’engagent sur un code de conduite qui fixe le cadre dans lequel ils informent les députés européens. Leur intervention contribue à renforcer le caractère délibératif et pluraliste des décisions publiques.

Aux Etats-Unis, le conseil en affaires publiques est une forme d’action reconnue, les entreprises faisant de plus en plus souvent appel à des consultants en affaires publiques. Il est considéré comme étant un mode d’expression des citoyens envers les autorités étatiques, une démarche démocratique, une volonté de participer avec succès à la conduite des affaires communes. Plus généralement, dans les pays anglo-saxons de tradition protestante, nul ne doit rester les bras croisés lorsque ses intérêts sont en cause. Agir ou réagir est un droit, c’est presque un devoir.